| Qu'est-ce que le métier ? |
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par Pierre Brunelle Nous connaissons tous le célèbre slogan de la pub pour le compte de Métro-Richelieu : Profession = épicier, qui se décline sur des pôles de compétence particuliers comme boulanger, poissonnier, saladier, boucher, qui représentent eux-mêmes des métiers. Dans le cas de Métro, son métier de base est épicier, alors que boulangerie, poissonnerie, boucherie, sont des pôles de compétence ou encore, des créneaux, des pôles d'activité ou, en anglais, des areas of expertise, soutenant avec force l'excellence Métro dans le métier unique d'épicier, son core product, son métier principal. Le métier principal est le noyau dur sur lequel se fonde l'identité professionnelle, le centre nerveux d'une personne sur le plan professionnel comme celui d'une entreprise sur le plan commercial. À ce centre nerveux, ce centre de gravité, se greffent des pôles de compétence ou des pôles de métier regroupant un ensemble de compétences particulières. Mais attention ! Construire son identité professionnelle en définissant son métier principal ne signifie pas qu'une personne doit se découvrir un métier pointu qu'elle n'a pas. Ce n'est pas tout le monde qui est hyperspécialisé ! Qu'il s'agisse du métier pointu du spécialiste ou de la polyactivité de celui ou celle qu'on qualifie à tort de généraliste, très rares sont les titres de fonction qui serreraient de très près la réalité du travail, le savoir-faire et le véritable métier principal d'une personne. Au Québec, lorsqu'on parlait de métier, on l'associait habituellement à une carte de compétence, au travail manuel et à une formation technique - métier long, métier court, menuisier, plombier, mécanicien puis électromécanicien, les « métiers » de la construction. Pour nous, le métier fait appel à une maîtrise et à la durée. Il fait appel à un savoir-faire, à une efficacité, à un apprentissage réussi dans divers procédés. Il fait appel à des habiletés, à un travail qui n'est pas limité à la simple répétition de gestes mécaniques appris par cœur, hors de toute compréhension globale de la tâche à accomplir. Valéry écrivait qu'il y a toute une différence entre un véritable métier qui nourrit son homme non seulement matériellement mais aussi spirituellement et un emploi dans lequel il perd sa vie à la gagner. Le métier est posé dans le long terme, l'emploi est posé dans le court terme. Chaque poste que nous avons occupé, chaque fonction que nous avons remplie est une histoire. Toutes ces histoires constituent le socle d'une identité que nous devons fonder, construire, organiser ou consolider. Intimement lié à l'identité, le métier d'une entreprise ou d'une personne n'est pas lié à la technique accompagnée de savoir-faire. C'est une affaire de vision, renvoyant à une stratégie, à la finalité, à la vocation, celle d'une entreprise ou d'une personne. Avez-vous un métier, un métier principal, autre que le titre attribué par votre ou vos employeurs précédents ou par votre ordre professionnel ? En avez-vous un, même si vous vous percevez comme « généraliste » ou polyvalent ? Chacun d'entre vous avez un métier, propre à vous. Votre métier, c'est l'âme, le centre, le noyau qui façonne peu à peu, modèle cette matière que sont votre expérience, vos connaissances, vos habiletés, vos talents naturels. C'est sur ce métier, sur cette essence que se fonde votre identité professionnelle. Nous nous rapprochons beaucoup de la vocation en touchant cette idée d'identité fondée sur le métier. Vers quoi êtes-vous appelé ? Chaque personne possède une vocation propre. Si ce n'est pas dans le sens d'un appel extérieur, c'est du moins dans le sens d'une adéquation intime et indicible entre vous et une activité, un travail. (Chantal Delsol) Connaître son métier principal, fonder son identité professionnelle ? C'est un élément essentiel du développement de carrière, non seulement pour les gestionnaires mais pour toutes les catégories d'employés. |