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RECONNAISSANCE :
TROUVER UN ÉQUILIBRE EN FONCTION DES GÉNÉRATIONS
Par Madeleine Fortier
La reconnaissance des employés peut
se faire de diverses façons : formelle ou informelle,
régulière ou ponctuelle, publique ou privée; elle peut
prendre la forme d’une rétroaction (feed-back) ou d’une
récompense, monétaire ou non monétaire.
Axée sur l’encouragement plutôt que
sur le contrôle, la reconnaissance fait partie des motifs
importants de mobilisation et d’engagement des employés;
facteur de résistance au stress, elle influence positivement
la rétention des bons éléments, la productivité et la
performance des entreprises.
Encore faut-il qu’elle ait du sens :
les employés doivent pouvoir en vérifier le lien direct avec
leur rendement. Il faut aussi que la reconnaissance réponde
aux besoins et attentes différentes des employés; le défi
étant d’élaborer des pratiques de reconnaissance à la fois
suffisamment universelles et significatives pour chaque
individu, et aussi pour chaque génération.
En effet, dans votre entreprise,
trois et parfois même quatre générations se côtoient. À
cause des conditions sociales et économiques qui ont marqué
leur enfance, leur jeunesse et les débuts de leur vie
adulte, les membres de chaque génération ont développé une
vision, des valeurs et des attentes particulières face au
travail. Rapports avec la hiérarchie, développement de la
carrière, besoins en formation, attentes par rapport à
l’accueil et à l’intégration, recherche d’équilibre
travail-vie privée, demandes au niveau de la rétroaction et
des récompenses font partie des différences perceptibles
d’une génération à l’autre.
Analysons brièvement ces différences.
- Traditionalistes : ils
sont nés entre 1900-1945. Mot clé : loyauté.
Cette génération a connu deux guerres mondiales et la
dépression de 1929. Les traditionalistes ont travaillé
dur et ont fait des sacrifices pour relancer l’économie.
Ils accordent toute leur confiance aux institutions et
pour eux le bien commun prend le pas sur l’individu.
Récompense ultime : la satisfaction du travail bien
fait. De petits gestes sont suffisants pour reconnaître
leur valeur et leur expérience; une touche personnelle,
une note manuscrite, les cadeaux traditionnels, leur
photo avec un client important ou avec un membre de la
haute direction.
- Babyboomers : 1946-1964.
Mot clé : optimisme. Grâce à la force du nombre
et à l’économie florissante d’après-guerre, ils avaient
foi dans leurs capacités d’améliorer la société. Mais en
même temps, les babyboomers ont dû être compétitifs et
travailler fort pour sortir du lot et se faire
connaître. Aussi recherchent-ils des signes visibles de
reconnaissance : argent, titre, bureau du coin, tout ce
qui peut démontrer qu’ils ont réussi. Ils recherchent
aussi une appréciation personnelle de la part de leur
patron, ils veulent être récompensés pour leur éthique
du travail et leurs longues heures.
- Génération X : 1965-1980.
Mot-clé : scepticisme. Ils ont vu s’effriter les
symboles de la stabilité et ont appris à croire en eux
plutôt que dans les institutions. Indépendants et pleins
de ressources, la liberté est pour eux la meilleure des
récompenses. Ils aiment aussi mener plusieurs projets,
jouir d’une certaine indépendance quant à la façon de
faire leur travail, disposer d’une technologie à la fine
pointe, et obtenir une rétroaction fréquente pour
pouvoir rectifier rapidement le tir.
- Génération Y : 1981-1999.
Mot-clé : réalisme. Des gens de réseau pour qui
le monde est petit. Pragmatiques, ils vivent par et dans
le changement, ils recherchent des défis et des
stimulations. Habitués à participer aux décisions et à
recevoir un feed-back régulier de la part de leurs
parents, ils s’attendent à la même chose au travail. Les
récompenses recherchées sont tangibles ou non
tangibles : une rémunération axée sur les résultats,
mais aussi la possibilité d’apprendre, de faire face à
de nouveaux défis, de travailler en équipe, de faire un
travail qui a du sens.
Il n’est pas nécessaire de mettre en
place des programmes compliqués et onéreux pour la
reconnaissance de vos employés. Comme l’indique le président
de l’ORHRI, il est surtout important de développer une sorte
de « culture de la reconnaissance », une culture harmonisée
aux valeurs de l’organisation. Pour répondre aux besoins
différents des personnes et ainsi favoriser l’engagement, la
motivation, la rétention, la reconnaissance devrait partie
des pratiques de gestion plutôt que d’être une simple
activité ponctuelle.
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