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LE SENS DU TRAVAIL
Dans l’Antiquité, les
Grecs et les Romains séparaient le travail de l’élévation
culturelle et spirituelle. Les Anciens considéraient le
travail comme un labeur pénible et nécessaire parce que
l’homme est le seul être biologique dont les besoins ne sont
pas assouvis directement par la nature brute. Pour ne pas
mourir, nous devons transformer la nature.
Ce n’est pas à cause de
la souffrance qu’il peut causer que les Anciens confiaient
le travail aux esclaves mais bien parce que cette activité
était vue comme négative, le travail était compris comme une
fuite du mal plutôt que comme une recherche du bien.
Les Anciens reléguaient
le travail au domaine de la pure nécessité. En le confiant
aux esclaves, ils pouvaient s’adonner aux activités par
lesquelles l’humanité avance. Ils pouvaient poursuivre le
développement culturel qui donnent un sens à la société -
acquisition progressive de la sagesse, de la science, de la
liberté.
C’est le christianisme
qui va rapprocher les deux termes, travail et développement
culturel/spirituel. Désormais, par rapport à une vision
encore statique de l’univers de la part des Anciens, le
travail contribue à l’achèvement du monde. Par le travail,
l’homme s’associe au projet du Créateur : le vulgaire labeur
devient une oeuvre qui grandit son auteur. Par notre
travail, compris comme une oeuvre d’achèvement, nous
conférons nous-mêmes un sens au monde qui nous entoure et
nous donnons un sens à notre propre existence.
Dans le Pentateuque, le
travail semble infligé comme une punition, ce qui est vrai
par rapport à la vie idyllique et précédente de l’Eden où
Adam et Ève vivaient dans l’insouciance. Mais la nécessité
du travail ne se traduit pas seulement par un compte à
rendre, une facture à payer sur le péché. Il joue un rôle
positif parce qu’il peut contribuer à rendre aimable un
monde qui ne l’est plus.
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