Accueil / Publications  

 

LE FLORISSANT MARCHÉ DU TRAVAIL CACHÉ

Par Jacinthe Tremblay, collaboration spéciale, La Presse, Le jeudi 24 mars 2005

De nombreuses possibilités d'embauche sont camouflées entre les lignes des reportages des hebdomadaires d'affaires et dans les pages des quotidiens. Il suffit d'en faire la lecture dans une perspective différente.

En 2000, Marie M., une chercheuse d'emploi du secteur culturel, a appris, à la lecture de La Presse, qu'un important congrès international allait avoir lieu à Montréal en 2005.

Elle a immédiatement contacté le responsable de l'événement, dont le nom était mentionné dans l'article. « Nous sommes justement en train de former notre équipe.  Faites-moi parvenir votre curriculum vitae », lui a-t-il gentiment répondu.

La candidature de Marie n'a pas été retenue cette fois, mais elle a gardé le réflexe de chercher dans l'actualité des pistes d'emploi.  Elle a finalement trouvé un boulot chez l'employeur d'un ancien collègue avec qui elle avait parlé de sa recherche d'emploi.

Dans les deux cas, cette travailleuse culturelle a effectué des recherches dans un marché du travail florissant, mais trop souvent négligé : la marché du travail caché.

« L'exploration de ce marché est importante parce que 80 % des emplois ne sont pas affichés.  Plusieurs PME, qui constituent la majorité des entreprises au Québec, consultent leurs employés et leur réseau pour combler les postes », explique Gilbert Martin, coordonnateur de l'intervention au sein du Club de recherche d'emploi Accès-Travail de Montréal.

À l'instar de la quarantaine de clubs de recherche d'emplois du Québec, son organisme offre des programmes intensifs de prospection de trois semaines.  L'exploration du marché caché est au cœur de la démarche.

La méthode porte fruit.  Autour de 75 % des participants trouvent du boulot dans les trois mois qui suivent le début de leur formation.

Revue de presse

« Le suivi de l'actualité économique de son secteur d'activité dans les médias est l'un des outils pour identifier des emplois qui ne sont pas encore affichés ou qui ne le seront jamais », dit Gilbert Martin.

Le travail se cache sous les annonces d'agrandissement et d'ouvertures de commerces et d'entreprises, d'événements à venir, de découverte de ressources, d'initiatives gouvernementales et de tendances du marché.  Dans tous les cas, il faut avoir en tête les retombées directes et indirectes.

« Même les offres officielles d'emplois peuvent être regardées autrement.  Généralement, lorsqu'un poste cadre est affiché, plusieurs autres tournent autour.  Ces annonces permettent aussi de voir les secteurs qui ont le vent dans les voiles », note M. Martin.

Les Pages Jaunes sont un autre outil pour identifier des employeurs potentiels.  « Elles fonctionnent pour le plombier. On les sous-estime trop pour les emplois », enchaîne-t-il.

La recherche d'entreprises cibles peut également se faire dans les répertoires industriels et les revues professionnelles.  « Une fois la liste établie, il faut communiquer avec les décideurs des entreprises par téléphone », dit le coordonnateur.

Contacter les décideurs

La conseillère en transition de carrière Madeleine Fortier, d'Accent Carrière, accompagne également plusieurs chercheurs d'emplois dans leur exploration du marché du travail caché.

« Ce marché est un ensemble de besoins et de projets qu'un décideur n'a pas encore cristallisé dans une description de tâche.  Il ne faut donc pas, pour l'explorer, s'adresser aux services des ressources humaines, mais chercher à joindre directement les décideurs », prévient-elle.

Cette étape est la plus difficile car il faut surmonter la timidité et la peur du refus.  L'expérience montre toutefois que la majorité des employeurs répondent avec beaucoup de gentillesse à ces offres non sollicitées.  À la condition, bien sûr, qu'elles soient formulées clairement et brièvement.

Car avant de prendre contact avec un superviseur ou un directeur de services, il faut réunir la condition sine qua non de cette approche : savoir exactement ce que l'on veut et la nature de sa proposition.  Des recherches sur l'entreprise sur Internet ou dans les médias peuvent être très utiles pour adapter cette proposition à ses besoins et à sa culture.

« Il faut présenter le projet le plus précis possible.  Il faut adopter une attitude de représentant en se présentant non pas comme un quémandeur, mais comme un porteur de solutions », dit Mme Fortier.

Avec ces contacts directs, l'utilisation de son réseau est l'autre outil fondamental pour explorer le marché caché.

Selon Madeleine Fortier, le prospecteur du marché caché a de multiples avantages.  « Il n'est pas en compétition et il peut, jusqu'à un certain point, créer son propre poste », résume-t-elle.

 

Retour au haut de la page


Dernière mise à jour : Mars 2007
Copyright © 2000-2005 Cyberpresse Inc., une filiale de Gesca. Tous droits réservés.
Éditrice Web : Johanne P. Couturier